L'histoire religieuse de Vitré a fortement marqué de son empreinte la physionomie architecturale de la ville. Les clochers des églises paroissiales, des chapelles isolées ou chapelles de couvents viennent ponctuer de leurs flèches élancées la silhouette compacte de Vitré, nichée autour de son château médiéval.
Dès le XIe siècle, les Bénédictins de Marmoutier édifient un prieuré dédié à la Sainte-Croix, tandis que Robert 1er fonde, à l'est du château, la collégiale Saint-Pierre Notre-Dame, devenue prieuré bénédictin de Saint-Melaine de Rennes en 1116. En 1209, André II fonde la collégiale de la Madeleine dont la longue silhouette occupait jusqu'en 1856 la partie nord de l'avant-cour du château. Sur le modèle des églises à pignons multiples, l'église Notre-Dame associe le décor gothique flamboyant à des motifs ornementaux de la Renaissance. La chapelle Saint-Nicolas (1500), le couvent des Augustins (1600) et l'église du Vieux Saint-Martin témoignent aussi de cet âge d'or vitréen.
En 1611, les catholiques ne peuvent empêcher la construction d'un Temple à quelques mètres de Notre-Dame. Pourtant le triomphe de la Contre Réforme s'affirme avec la fondation de nombreux monastères et couvents, tels le prieuré Notre-Dame des Bénédictins et le monastère Saint-Nicolas des Augustines. La conversion du baron Henri 1er en 1628, la désaffection du Temple en 1642 et la révocation de l'Édit de Nantes en 1685 confirmèrent à Vitré l'échec de la religion réformée. Au XIXe siècle, la ferveur religieuse des Vitréens va s'exprimer avec le réaménagement intérieur de Notre-Dame (1850), la construction de la chapelle Sainte-Anne (1856), puis celle de l'église Saint-Martin, dans le style néo-roman (1868).
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