« Julie Ganzin prête attention au paysage. Elle semble faire concrètement l'expérience de cette notion ambiguë qui superpose une réalité physique, géographique, voire politique et une projection mentale spéculative, culturelle ou intime. Le paysage d'une Méditerranée réelle (ou virtuelle), au-delà de l'argument d'une histoire personnelle, est un vecteur privilégié. Là, le sol, le climat, le milieu débordent une description purement matérielle ou un inventaire photographique strictement documentaire. La question si controversée d'une (ré)conciliation du paysage de la nature et de la culture se déclare avec acuité. S'il s'agit donc pour Julie Ganzin d'observer ce qui fait paysage, c'est en plaçant l'homme au cœur du dispositif. |
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L'émotion que suscite sa présence poreuse peut être perçue comme une heureuse surprise, une habile coïncidence…Elle peut aussi déconcerter, au sens où l'on dérange un accord. S'il s'absente, c'est pour rendre le paysage à sa vacance, nous projeter dans l'expectative de son retour. Son retrait du champ permet aussi de laisser surgir des formes bâties, étroitement liées à ses activités. […] Julie Ganzin reprend, comme les cartes postales ou les brochures touristiques, ces motifs qui nourrissent la mémoire des lieux. Tout ce qui permet un entrelacement des temps est utile à son projet. Ce rapport au passé est sans nostalgie, il n'est pas un retour sur le passé. Permanence ou récurrence de l'imaginaire proviennent du jeu des irrégularités et discontinuités de l'échelle du temps. La photographie qui fait du présent le lieu d'un échange temporel, y est tout particulièrement éprouvée. »
Alberto Severini |