À travers son œuvre, Magdi Sénadji aborde l'architecture, la sculpture, la peinture et également la littérature. En 2002, il réalise un ensemble photographique remarquable sur Madame Bovary où la présence humaine se lit sous la forme d'empreintes, de traces, de représentations et de confrontations subtiles avec le monde animal ou des éléments du paysage. De même, pour le tricentenaire de Madame de Sévigné (1626-1696), Magdi Sénadji choisit de photographier les châteaux de Bussy-Rabutin, Grignan et des Rochers de Sévigné. Il s'attache notamment à traduire un profond sentiment d'exil qu'il avait repéré dans les lettres de Madame de Sévigné et les écrits de Rabutin. Il faut rappeler que Bussy-Rabutin a été banni de la Cour, la Marquise, séparée de sa fille et la Comtesse de Grignan fut isolée dans sa forteresse.
Dans la collection de l'artothèque de Vitré, 29 photographies de Magdi Sénadji représentant les lieux de Madame de Sévigné permettent de découvrir le point de vue du photographe sur l'intérieur et l'extérieur de ces châteaux aux décors somptueux et variés. L'auteur, par des cadrages subtils, a su mettre en évidence, une variété de couleurs, de motifs, d'objets, de détails picturaux qui sont autant d'éléments nous donnant une perception de la vie de cette figure de l'histoire.
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S'il s'intéressait aux grands noms de l'histoire et les révélait en réalisant des ensembles photographiques, Magdi Sénadji aimait également capter et restituer son environnement proche sans l'enfermer dans une série. À ce propos, dans le livre Facile, Bernard Lamarche-Vadel révèle en quelques termes la façon dont celui qu'il nommait affectueusement "l'élégant distrait" produit sa photographie : "[…] Sénadji vise l'ascèse, ascèse délicate et souriante, distinguée certes, mais ascèse tout de même qui le conduit à ne pas même s'autoriser de se déléguer dans la représentativité d'un thème favori." |